Sentier de résilience

Maria Hupfield
Nadia Myre
Skawennati

Commissaire:
Cheryl Sim

18 juillet 2017 - 30 novembre 2017

Exposition

Sentier de résilience présente le long de la Promenade Fleuve-Montagne de nouvelles œuvres des artistes autochtones Maria Hupfield, Nadia Myre et Skawennati. Puisant dans leurs racines, ces femmes s’inspirent d’une multitude d’enjeux, proposant des créations à l’esthétisme, aux techniques et aux formes diversifiées. Cette exposition d’œuvres commandées atteste la vitalité du travail des trois artistes et leur désir d’exprimer des points de vue stimulants pour l’œil et l’esprit. Dans leur ensemble, les œuvres jalonnant la Promenade abordent les concepts interdépendants du temps, de la mémoire, de l’histoire et de l’affirmation.

Maria Hupfield trouve l’inspiration dans les références contemporaines et dynamiques du quotidien, ancrées dans le corps et dans ses origines anishinaabe. Fidèle à cette approche, son œuvre KA-POW! se compose de deux bancs aux formes atypiques dialoguant avec les arbres à l’arrière de la station de métro Square-Victoria. Ce lieu où dès 1866 les gens se rassemblaient est aujourd’hui fréquenté tant par des employés de bureau que par des touristes et des habitants du quartier. Comme l’explique l’artiste, « le mot KA-POW! évoque à la fois l’action, la force, le mouvement, le souffle et le son ». Représentant des éclairs, des motifs géométriques étoilés et des phylactères de bande dessinée, cette sculpture sociale se veut un appel à l’échange avec les autres, l’espace public et la nature. Maria Hupfield fait naître avec KA-POW! un espace de contemplation, de discussion et de jeu au cœur de l’agitation urbaine, qui s’inscrit dans son approche axée sur la participation sensorielle du public.

Interpellée par les histoires personnelles et collectives, Nadia Myre tisse un filet d’intimité à travers son travail multidisciplinaire. C’est ainsi qu’elle a créé histoire revenue, une installation inspirée de la vie de Marie‑Josèphe Angélique, une esclave noire qui s’est révoltée et enfuie avant d’être capturée à nouveau. En 1734, elle a été reconnue coupable d’avoir mis le feu à la maison de sa maîtresse, provoquant l’incendie qui a réduit en cendres la majeure partie du quartier marchand de la rue Saint-Paul, à Montréal. Marie‑Josèphe a été torturée, condamnée et pendue pour incendie criminel le 21 juin de la même année. Son histoire mérite d’être perpétuée, car non seulement elle rappelle la réalité de l’esclavage au Québec, mais elle soulève des questions sur le pouvoir et le droit de se faire entendre. Nombreux sont ceux qui préfèrent voir en Marie‑Josèphe Angélique non pas une victime d’injustice, mais un symbole de liberté et de résistance. Utilisant le son, la lumière, des matériaux naturels et le décor même du site, Nadia Myre fait revivre une page capitale de notre histoire.

Skawennati explore à travers l’art les dérapages du temps et de l’espace. Elle se sert d’environnements virtuels en ligne pour créer des machinimas, ou films numériques, portant sur un pan de l’histoire et soulevant des questions sur l’authenticité et la tradition par la projection de puissantes représentations d’Autochtones à notre époque et dans le futur. Le numérique lui donne les moyens et la liberté d’imaginer ce que le monde pourrait devenir. Présenté sur la Promenade, The Celestial Tree est tiré de l’une de ses plus récentes machinimas, She Falls for Ages, une science-fiction féministe transposant le mythe fondateur des Haudenosaunee, ou Iroquois, dans un monde postracial et postcapitaliste. Conçu à partir des matériaux d’un panneau de signalisation urbaine, The Celestial Tree est comme un phare sur le sentier menant au sommet de la montagne qui invite à grimper et à plonger les yeux dans l’azur pour imaginer un monde meilleur.

Chaque œuvre du Sentier de résilience propose aux promeneurs de faire l’expérience du temps d’une manière différente. KA-POW! de Maria Hupfield nous rappelle de façon magistrale l’importance de vivre pleinement le présent. histoire revenue de Nadia Myre nous fait revivre un épisode difficile et controversé de notre histoire. The Celestial Tree nous incite à toujours rêver plus grand. C’est une invitation à entrer en relation, à renouer avec nos semblables et avec l’histoire de notre ville, la terre qu’elle occupe et notre désir de la voir évoluer. Ludiques et contemplatives, les œuvres exposées le long de la Promenade sont une manifestation de présence et de vie.

Lieux et accès

Les œuvres de Sentier de résilience sont accessibles gratuitement aux publics de tout âge.
KA-POW! de Maria Hupfield: Square Victoria, au sud de la rue Saint-Antoine Ouest
histoire revenue, de Nadia Myre: dans le jardin de la basilique Saint-Patrick
The Celestial Tree, de Skawennati: à l’intersection de l’avenue des Pins Ouest et de la rue McTavish.

#PromenadeFM
#dhcart

Biographies

Actuellement basée à Brooklyn, New York, Maria Hupfield est une artiste canadienne, membre de la Nation anishinaabe à la Première Nation Wasauksing en Ontario. Sélectionnée pour le SITE Santa Fe Biennale 2016, elle obtient une reconnaissance nationale aux États-Unis avec une bourse de la Fondation Joan Mitchell (Painting and Sculpture Grant) pour ses sculptures cousues en feutre industriel. Le travail de Hupfield a voyagé à travers le Canada dans le cadre de l’exposition Beat Nation: Aboriginal Art and Hip Hop et a été présenté au Museum of Arts and Design à New York, au Power Plant à Toronto et au 7a*11d International Performance Festival. Son projet, Artist Tour Guide, a été commandé par The Smithsonian’s National Museum of the American Indian, New York avec une itération au Musée McCord à Montréal. En 2015, Hupfield a conçu un canoë de chasse mesurant 9 pieds en feutre industriel, qui a été assemblé lors d’une performance à Venise, Italie durant trois soirées consécutives pour la première de Jiimaan. Son exposition individuelle The One Who Keeps on Giving, a inauguré la 30e saison de la galerie Power Plant à Toronto en collaboration avec la Galerie de l’UQAM, Montréal; Mount Saint Vincent University Art Gallery, Halifax; et le Centre culturel canadien à Paris.
mariahupfield.wordpress.com

Nadia Myre est une artiste membre de la nation Anishnabeg Kitigan Zibi, dont la pratique s’appuie sur les démarches collaboratives pour susciter un dialogue sur l’identité, la résilience et la politique d’appartenance. Récipiendaire du Prix Sobey en 2014, Myre a présenté dans le cadre du programme «Artiste en résidence» au Musée McCord son exposition Decolonial Gestures or Doing it Wrong? Refaire le chemin (2016). Elle a été sélectionnée pour créer des nouvelles œuvres pour la galerie Oboro, Montréal en 2014 (Oraison/Orison), le Musée Dapper, Sénégal en 2014 (Formes et Paroles) et le National Gallery of Canada, Ottawa en 2013 (Sakahàn). Elle a participé à La Biennale de Montréal en 2011, à La Biennale de Sydney en 2012 ainsi qu’à La Biennale de Shanghai en 2014. Ses œuvres se retrouvent dans plusieurs collections publiques et privées dont le Musée d’art contemporain de Montréal, le Musée National des beaux-arts du Québec, la Banque d’œuvres du Conseil des arts du Canada, le Musée des beaux-arts du Canada, le Musée de la civilisation à Québec.
nadiamyre.net

Originaire du territoire mohawk de Kahnawà:ke, l’artiste montréalaise Skawennati est détentrice d’un baccalauréat en Beaux-Arts de l’Université Concordia, à Montréal, où elle vit et travaille. Ses projets de nouveaux médias abordent les notions d’histoire, d’avenir et de changement. Ils incluent la galerie en ligne/espace de clavardage et événement de réalité mélangée CyberPowWow (1997-2004); Imagining Indians in the 25th Century (2011), journal d’une poupée de papier, et TimeTraveller™ (2008-2013), un projet multi-plateformes composé de neuf episodes. Ces œuvres ont été diffusées à Venise, en Nouvelle-Zélande, Hawaï, Irelande et à travers l’Amérique du Nord dans des expositions majeures, tels que Now? Now! à la Biennale of the Americas et Looking Forward (L’Avenir) à la Biennale de Montréal. Elle est récipiendaire du Best New Media Award d’imagineNative en 2009 et du Eiteljorg Contemporary Art Fellowship en 2011. Elle codirige aussi avec Jason Edward Lewis Aboriginal Territories in Cyberspace (AbTeC), un réseau de recherche composé d’artistes, d’universitaires et de technologues qui se consacrent à l’exploration, la création, ainsi que la critique d’environnements virtuels portant sur les Autochtones. Elle co-dirige également les ateliers Skins pour Aboriginal Territories in Cyberspace. Son travail est inclu dans des collections publiques et privées.
skawennati.com

Cheryl Sim est commissaire et directrice générale de DHC/ART Fondation pour l’art contemporain. Elle est également artiste, musicienne et chercheure universitaire. Intéressée par des œuvres politiquement et conceptuellement engagées dans un ensemble varié de formes et de genres, ses intérêts actuels de recherche en conservation incluent la condition des diasporas, la théorie de l’écran, l’économie politique, le vêtement comme marqueur de l’identité et l’utilisation de la musique dans l’art contemporain. Parmi les expositions récentes, on retrouve: Pièces de résistance de Yinka Shonibare MBE et Modern Piano Music d’Ed Atkins.

Partenaires

La Promenade urbaine FleuveMontagne
La Promenade «Fleuve–Montagne» est un legs du 375e anniversaire qui relie deux lieux emblématiques de la ville: le fleuve Saint-Laurent, au sud, et le mont Royal, au nord. Servant à la fois de guide et d’occasion déambulatoire unique, ce parcours de 3,8 km se découvre au fil d’expériences distinctes qui font vivre au promeneur le cœur emblématique de Montréal. Présentant un environnement reverdi, des lieux de pause et des aménagements qui améliorent la sécurité et le confort des piétons, la Promenade est également un lieu animé, proposant une programmation d’activités culturelles et communautaires soutenue, notamment grâce aux collaborateurs de la Promenade. Découvrez l’activité urbaine et participez aux activités estivales!

Phi
Phi est un pôle culturel et artistique multidisciplinaire qui cultive tous les aspects de la création, de l’élaboration, de la production et de la diffusion. Au carrefour de l’art, du cinéma, de la musique, du design et de la technologie, Phi provoque des rencontres inattendues entre les artistes et les publics grâce à une programmation éclectique et à la création de contenus originaux. Fondé et dirigé par Phoebe Greenberg, Phi exerce ses activités à partir du Centre Phi, à Montréal, Canada.

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Photo: Sébastien Roy