Ce printemps à DHC/ART: Yinka Shonibare MBE

20 janvier 2015

Déjà, l’équipe de DHC/ART s’affaire à préparer la prochaine exposition. Et nous sommes d’ailleurs ravis d’accueillir la première exposition majeure de l’œuvre de Yinka Shonibare MBE au Canada. Pièces de résistance ouvrira ses portes le 28 avril 2015.

Après une récente visite à Londres, Cheryl Sim, commissaire à DHC/ART, a rencontré l’artiste dans son atelier. Nous avons décidé de lui poser quelques questions, alors qu’elle médite sur son voyage et sur ce nouveau projet.

Q: Yinka Shonibare MBE est connu pour ses œuvres d’une grande diversité et la variété des supports qu’il utilise. Quel type d’œuvres peut-on s’attendre à voir à DHC/ART?

R: L’un des objectifs premiers est de présenter une vue d’ensemble de son travail. C’est pourquoi l’exposition que nous préparons explorera ses œuvres à travers la sculpture, la photographie, la peinture et le cinéma. Ainsi, le public de Montréal pourra avoir un aperçu de l’ampleur des travaux de Shonibare.

Q: Que signifie le sigle MBE et savez-vous pourquoi est-il apposé au nom de Yinka Shonibare?

R: MBE signifie Membre de «L’Excellentissime ordre de l’Empire britannique», ou en version courte, Membre de l’Empire britannique. Ce titre est accordé par la reine Elizabeth II elle-même et a été attribué à Shonibare en 2005. Dès lors, ce titre a fait partie de son nom d’artiste. Alors que d’autres artistes noirs britanniques ont refusé cette distinction, Yinka Shonibare MBE y voit plutôt une occasion de souligner les tensions entre l’appartenance ou non aux institutions britanniques.

Q: Comme l’œuvre de Shonibare joue avec les problèmes de migration des formes (ou transfert culturel) — pensons notamment à la manière dont l’artiste se sert du Wax hollandais ou du motif de bateau dans une bouteille, et les connotations spécifiques que la matière ou l’iconographie provoquent quand il s’agit de l’identité et du mouvement des biens et des corps — comment interprétez-vous le potentiel des œuvres à raviver des questions et idées relatives à notre contexte local lorsqu’il s’agit de post-colonialisme ou de mondialisation?

R: J’ai toujours à cœur les problèmes de contexte par rapport aux questions et thèmes d’un artiste. Montréal est un endroit idéal pour présenter le travail de Yinka Shonibare MBE, car c’est une ville qui se caractérise par son amalgame de cultures et d’histoires en constante évolution, mais qui sont toujours enracinées dans le passé. Les questions qu’il soulève à propos de l’identité, de l’authenticité, du pouvoir et de la représentation vont parler aux gens d’ici.

Q: Comment un public québécois (dans la mesure où il est possible de définir ou de comprendre le profil d’un public aussi diversifié) pourra-t-il s’identifier au discours post-colonial dérivé des travaux de Yinka Shonibare MBE?

R: Dans le Québec d’aujourd’hui, les questions d’identité qui proviennent de notre état post-colonial sont une richesse, mais aussi un fléau. C’est l’une des raisons pour lesquelles je pense que le public montréalais adhérera au discours de l’artiste. Il y glisse habilement des commentaires sur la classe qui provoqueront aussi des réactions.

 

Crédit photo:
YINKA SHONIBARE, MBE
Addio del Passato (extrait)
2011
Vidéo
Durée: 16 min 52 sec
© Yinka Shonibare MBE / sous la licence de SODRAC / avec l’aimable concours de James Cohan Gallery, New York et Shanghai

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